Roi Rama IX

LA THAÏLANDE FÊTE L’ANNIVERSAIRE DU DÉFUNT ROI RAMA IX

LA THAÏLANDE FÊTE L’ANNIVERSAIRE DU DÉFUNT ROI RAMA IX
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Le peuple thaï célébrera l’anniversaire de son défunt roi Roi Rama IX le 5 décembre 2018.

La journée du 5 décembre marque trois importantes occasions: la fête nationale, la fête des pères et l’anniversaire de Sa Majesté le défunt Roi Rama IX. Couronné en 1950 sous le nom dynastique de Rama IX, sa Majesté le Roi Bhumibol Adulyadej est décédé en 2016. Malgré sa disparition, le 5 décembre reste un jour férié national en Thaïlande (Ordonnance Royale du Roi Rama X qui précise que la date restera utilisée pour rendre hommage au dévouement du défunt Roi au pays et à son peuple).

L’ancien monarque demeure dans le cœur des thaïlandais

Roi Rama IX

Souverain constitutionnel, chef de l’État et protecteur des religions de Thaïlande, Sa Majesté le Roi Bhumibol Adulyadej était le plus ancien monarque en exercice dans le monde.

À travers le pays, façades de maisons, édifices publics et bureaux seront ornés de superbes décorations et afficheront de nombreuses photographies du très respecté monarque.
À Bangkok, la zone comprise entre le Chittlâdâ Palace, l’Assemblée Nationale et le Grand Palais, s’illuminera pour l’événement. Diverses manifestations, hommages bouddhiques mais aussi films et spectacles en plein air, danses et concerts, feux d’artifices et de nombreuses autres surprises animeront ce jour férié cher au cœur des Thaïlandais qui est aussi celui de la Fête Nationale et de la Fête des Pères.

Sa Majesté le Roi Rama IX, Jazzman et Roi de Thaïlande.

« La Musique, qu’elle soit du jazz ou non, représentait une partie intrinsèque de lui-même. Elle existe profondément en chacun de nous et représente une part importante de nos vies. En ce qui me concerne, la Musique est une chose gracieuse et belle. Nous devrions apprécier la valeur de tous les genres musicaux parce qu’ils sont tous adaptés à différentes occasions et humeurs, aimait-il répéter.»

La Thaïlande est un pays de musiciens.

Roi Rama IX

Le premier d’entre eux n’était autre que son Roi, Bhumibol Adulyadej (ภูมิพล อดุลยเดช) neuvième Roi de la dynastie des Chakri (Rama IX), qui a fêté le 9 juin 2016 le soixante dixième anniversaire de son règne, devenant ainsi le plus ancien chef d’État en exercice.

Connues de tous les Thaïlandais, ses compositions accompagnent certains moments de leur quotidien : le nouvel an Thaï (Porn Pi Mai), les Marches militaires et les Hymnes d’universités (Université Chulalongkorn et Université Kasetsart). Le monarque musical est également le premier musicien du pays, il a joué avec plus grands, avec son confrère clarinettiste et King (de Swing, celui-ci), ce qui a fait dire à Lionel Hampton qu’il est «tout simplement le roi le plus cool du pays ».

Seul pays d’Asie avec le Japon à n’avoir jamais été colonisé, la Thaïlande a pourtant subit profondément l’influence des Anglais et des Français très présents dans la région à partir du 19ème siècle. Plusieurs rois s’affaireront à construire une identité thaïe modernisée et centralisée, en particulier le Roi Chulalongkorn (Rama V). Contrairement à ses voisins, le pouvoir considérera la culture classique thaïlandaise de manière ambivalente, et ce ne sera pas toujours celle-ci qui sera utilisée comme emblème de la nation. Après le coup d’État militaire de 1932 qui met fin à la monarchie absolue, le pouvoir considère alors la musique traditionnelle classique comme rustre et arriérée et privilégie des styles militaires influencés par les marches occidentales ainsi qu’un « danse sociale » standardisée et codifiée à partir d’un danse préexistante du centre de la Thaïlande : le ramwong.

Le parcours artistique du Roi De Thaïlande illustre cette influence de l’Occident sur le pouvoir thaïlandais. Né le 5 décembre 1927 à Cambridge (Massachusetts), où son père étudiait la médecine, le futur Roi suit sa mère à Lausanne quelques années plus tard. Il y étudie le français, l’anglais, le dessin. Avec son frère, le prince Ananda Mahidol (qui régnera quelques années avant sa mort brutale) et sa sœur aînée, la princesse Galyani Vadhana (décédée le 2 janvier 2008), le prince Bhumibol suit également des cours de musique aux côtés de Mr Weybrecht, un alsacien qui devient le maître de musique de Sa Majesté.

Le monarque achète à 10 ans sa première clarinette avec son argent de poche, puis un saxophone d’occasion. A 14 ans, il se voit refuser par sa mère de débuter la trompette (la trompette demande à ses yeux trop d’efforts physiques), mais il peut suivre des cours de saxophone, ainsi que des cours de chant et quelques leçons d’accordéon. Plus tard, il s’initiera en autodidacte à la flûte, à la guitare et au piano et recevra les conseils de M. Khun Phra Jain Duriyang.

Grâce à son frère Ananda Mahidol, il découvre le jazz, et s’initie à l’improvisation et à la composition à l’écoute de Sidney Bechet et de Johnny Hodges dont il s’achète lui-même les disques malgré la résistance passive de sa mère, qui veut bien mettre le gouvernement à contribution lorsqu’il s’agit de musique classique, mais pas lorsqu’il s’agit de jazz. Il signe sa première composition à 18 ans, l’année de son accession au trône : Candlelight Blues. Elle n’est pas tout de suite publiée, mais les suivantes le seront : Love at Sundown et Falling Rain.

De retour à Bangkok, et intronisé, le Roi Rama IX réunit quelques amateurs issus de l’Aristocratie Thaïlandaise pour former l’Or Sor. Band. Ce groupe de jazz se réunit tous les vendredis pour jouer des morceaux qui sont diffusés à la Radio, et se produira régulièrement en public ou en privé au Chitralada Palace, parfois avec ses enfants, quand ce n’est pas avec les plus grands musiciens de passage à Bangkok : Benny Goodman, Jack Teagarden, Lionel Hampton et Stan Getz.

Il écrira dans sa carrière 48 compositions, souvent créées par l’Orchestre Suntharaporn et jouées par la suite dans de multiples contextes : à côté des morceaux de jazz(y) inspirées par le fox-trot et le new-orleans de l’époque (H.M. Blues, Hungry Men’s Blues), et des chansons d’amour (Soleil d’Amour, Cocorico), il écrit également plusieurs chants et marches patriotiques (Aloft, Defiant, When, Royal Guards March, The Colours March, Royal Marines March), des Alma Maters pour les Universités, ainsi que la Kinari Suite, une suite pour ballet inspirée de la tradition littéraire thaïlandaise, créée en 1962.

En 1964, sa musique est interprétée par le NQ Tonkunstler Orchestra au Vienna Concert Hall (Manohra, Falling Rain, Love at Sundown, Royal Guards March et Royal Marines March). Il devient peu après 23ème membre honoraire de l’Institut de la Musique et des Arts de Vienne et le premier compositeur asiatique à recevoir ce titre.

Le Roi Rama IX s’exprimait peu, souriait peu, mais savait travailler son image personnelle et diriger son pays avec la même habilité. Grâce à son action, la puissance de monarchie a été restaurée, alors qu’elle était devenue l’ombre d’elle-même au début de son règne. Certaines de ses actions entreprises à titre personnel ont eu un réel impact sur la vie des habitants. La plus médiatisée d’entre elles est sans doute son plan de réhabilitation des campagnes de 1969 qui encourage les tribus du Nord de la Thaïlande à abandonner la culture du pavot (et la guérilla communiste) au profit de la culture maraîchère. Le succès de ce projet, encore célébré aujourd’hui, a contribué à asseoir sa popularité auprès des classes pauvres et paysannes, qui constituent la majorité du pays. Le Roi a également su tisser un réseau de relations et d’influences solides, en particulier auprès des familles sino-thaïes, qui possèdent dix-neuf des vingt plus grands groupes industriels du pays (la famille royale a elle-même du sang chinois). Selon des estimations controversées, la famille royale posséderait aujourd’hui environ 30% des terrains du Grand Bangkok et contrôlerait des pans entiers de l’industrie, notamment à travers la Siam Cement et la Siam Commercial Bank. Lire aussi: le fabuleux destin des rois de Thailande

Son image est très respectée

Roi Rama IX

La popularité du Roi Rama IX auprès des Thaïlandais reste intacte. La grande majorité le vénère encore aujourd’hui comme un demi-dieu. Ils lui vouent aussi une sincère sympathie, ayant apprécié sa frugalité (le Roi n’affichait pas sa fortune avec ostentation) et sa piété bouddhiste. Son image en costume d’apparat n’était pas qu’affichée dans les lieux publics, mais également dans la plupart des maisons individuelles. Durant son règne, le pays est passé du statut de petit pays pauvre à celui de puissance régionale.

Sources :
Rama IX le roi de marbre, Dominique Lagarde, L’Express, 17/08/2007
http://www.lexpress.fr/…/rama-ix-le-roi-de-marbre_475858.ht…
Thaïlande. En finir avec le crime de lèse-majesté, Courrier International, 09/12/2011
http://www.courrierinternational.com/…/en-finir-avec-le-cri…
Thaïlande. Des dirigeants fortunés, Courrier International, 28/05/2010
http://www.courrierinternational.com/…/des-dirigeants-fortu…
Thailand’s Monarch Is Ruler, Jazz Musician, Alisa Tang, The Washington Post, 13/06/2006
http://www.washingtonpost.com/…/…/06/13/AR2006061300147.html
Gitasiravadha, à tout Jamais. Les compositions de sa majesté le Roi Bhumibol Adulyadej

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